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Outils de thérapie et de développement personnel par l’inconscient

 
 En marge des thérapies brèves et comportementales, plus récentes et concentrées sur l’obtention d’un résultat rapide, les thérapies agissant sur l’inconscient lui-même étalent traditionnellement leur travail en profondeur sur de plus longues périodes de le temps. Toujours dans la mire de la tradition, les partisans de la psychanalyse invoquent le temps et l’effort pour justifier d’une guérison complète. Ils objectent à leurs détracteurs la visée d’un résultat à tout prix qu’ils jugent fragile et superficiel.
 Toutefois, à côté de cela, de nouvelles techniques inspirées du fonctionnement du cerveau et de la neurobiologie ont permis l’éclosion de thérapies telles que l’EMDR. L’hypnose, de son côté, continue son chemin en tentant d’intervenir sur l’inconscient par le truchement de la conscience modifiée. La sophrologie s’offre pareillement un accès à l’inconscient via le seuil de conscience sophro-liminal. Le point commun de ces thérapies étant la mise en œuvre de processus inconscients comme facteurs de guérison.
 Chacun se trouve seul juge en matière de choix d’une thérapie. Et il est essentiel que celle-ci nous convienne et que le rapport au thérapeute soit engageant. Car l’abord de l’inconscient comme outil de guérison augure toujours une immersion dans le passé et les affects, un voyage via lequel nous interrogeons la genèse de notre psyché. Certes, il existe une communication, un langage entre l’inconscient et notre conscience ordinaire, dans un sens comme dans l’autre. Reste à savoir jusqu'où nous souhaitons aller, ce que nous cherchons, et la nature des troubles qui nous ébranlent. Car c’est ainsi que nous ouvrons la voie à la fois longue et inévitable du développement personnel, par-delà tout esprit de guérison. 

 La psychanalyse – Quand on traite des thérapies visant à la décantation de troubles ancrés dans l’inconscient, on pense de premier abord à la psychanalyse. Outre l’influence de ses penseurs, Freud, Adler, Jung ou Lacan, la psychanalyse est issue du même courant clinique formulant le psychisme autour de l’idée d’inconscient. La découverte de Freud, centrale à la pratique analytique, pose que l’inconscient dépasse la raison en cela qu’il est à l’origine de comportements non voulus (actes manqués, lapsus). En outre, les refoulements inconscients seraient à l’origine des symptômes rencontrés dans les pathologies mentales. Fondée sur la méthode des associations libres, qui permet au psychanalyste de filtrer les informations inconscientes, la psychanalyse s’articule autour de deux notion clefs : la résistance et le transfert. C’est en effet par le transfert que l’individu analysé projette sur l‘analyste les images parentales. Et la résistance se définit comme l’ensemble des actes de l’analysé qui refuse de faire ressurgir les éléments de son inconscient.
 Pour dénouer l’inconscient, l’analyse se base sur la remémoration et la répétition. Le but du travail psychanalytique est la remémoration tandis que le désir de répétition est considéré comme un symptôme de résistance qu'il faut, comme tel, éviter. Sous l'angle de la compulsion de répétition, il est pourtant absolument inévitable que dans la cure le patient répète des fragments entiers de son évolution et que l'analyste les considère comme le matériel inconscient véritable. Il s'agit seulement de comprendre cette forme de communication, le langage des gestes pour ainsi dire (Ferenczi), et de l'expliquer au patient. Cependant, comme Freud nous l'a appris, les symptômes névrotiques ne sont eux-mêmes que des discours déformés où l'inconscient s'exprime dans un style de prime abord incompréhensible. Ces considérations ont fait ressortir la nécessité pratique non seulement de ne pas entraver les tendances à la répétition dans l'analyse. Il ne s'agit pas de se borner à laisser les affects se perdre en fumée dans des « vécus » mais de transformer des éléments répétés en souvenir actuel.
 
 L’EMDR – Le sigle EMDR provient de l'expression Eye Movement Desensitization and Reprocessing que l'on traduit par l'appellation française « d’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires ». Mise au point à la fin des années 1980, l'EMDR s'est surtout fait connaître pour le traitement des personnes souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Grâce au processus neurologique mis en marche par l'approche, on semble stimuler le cerveau pour qu'il « métabolise » ou « digère » les résidus dysfonctionnels du passé. À la suite de cela, les souvenirs traumatisants perdraient leur charge affective négative, ce qui mettrait fin à la souffrance et aux réactions néfastes (crises de panique, peurs incontrôlées, anxiété...). Plus récemment, les applications de l'EMDR se sont étendues à différents problèmes d'ordre psychique, comme les phobies et la dépression.
 L'EMDR est une thérapie brève qui suit une procédure rigoureuse tenant de la psychothérapie. Toutefois, sa caractéristique est la stimulation double affectant les deux côtés du corps : tandis que le sujet replonge intensément dans ses émotions stressantes, le thérapeute interrompt périodiquement l'expérience pour provoquer une stimulation sensorielle (mouvements devant les yeux, de sons de chaque côté de la tête ou de tapotements sur les deux bras). Le patient doit alors les suivre des yeux tout en gardant la tête fixe. Le mouvement rythmique des deux yeux serait équivalent à celui qui a lieu spontanément pendant les rêves.
 Cette stimulation réactive le cerveau limbique ou cerveau émotionnel en transférant une structure cognitive rigide vers une combinaison souple et inoffensive. Parmi les mécanismes que l'on soupçonne être en cause, mentionnons : la synchronisation des hémisphères du cerveau, l'ordonnance systématique des éléments du souvenir que sont l'image, la représentation négative et les sensations physiques, la modification biologique des réseaux de neurones, l'observation neutre, le déconditionnement par la distraction, un effet hypnotique et les facultés d'auto-guérison de la psyché.

 Hypnose et thérapie dérivées – Toujours dans le registre des thérapies agissant directement sur l’inconscient, notons la sophrologie et l’hypnose. En outre, nous vous renvoyons aux articles intitulés La sophrologie et l’hypnose afin de compléter ce court exposé destiné à vous préciser les spécificités de telles pratiques thérapeutiques.
 L’hypnose est, selon les chercheurs, un état situé entre la veille et le sommeil appelé Etat de Conscience Modifiée (ECM). D'autres pratiques notamment celles à visée transcendantales (non psychologiques) provoquent des états proches de l'hypnose voire similaires : le chamanisme, la méditation zen ou bouddhique, l'oraison (méditation occidentale), mais aussi la sophrologie (à travers la Relaxation Dynamique). Le training autogène de Schultz permet aussi, au terme du second cycle, de déboucher sur l'autohypnose. Milton Erickson, père de l'hypnose moderne qui a apporté une énorme contribution dans le domaine de la psychothérapie, parle, quant à lui, non pas d'état de conscience modifiée ni d'état de veille paradoxale, mais d'un état de transe, phénomène qu'il qualifie de naturel et de banal. Historiquement, l'hypnose classique précède l'hypnose éricksonienne. Elle utilise beaucoup les techniques d'induction avec fixation, concentration de la conscience comme au temps de Freud. Dans l'hypnose éricksonienne, l'induction se produit plutôt en créant un état de confusion qui amène le sujet à se détacher des stimuli extérieurs. Cette induction peut aussi s'installer progressivement par l'emploi de doubles liens. L'originalité d'Erickson consiste aussi à renforcer les résistances. L'Hypnose éricksonienne, tout comme l'hypnose classique, vise à la disparition du symptôme, qu'il soit psychique, comportemental ou psychosomatique, sans chercher à comprendre les causes éventuelles qui sont d'ailleurs souvent multiples, et se pratique avec un hypnothérapeute qui l'intègre dans sa spécialité, suivant qu'il est médecin, psychologue, psychothérapeute.

 Dans les thérapies oeuvrant directement sur l’inconscient, la relation entre le praticien et son patient est le préalable à la relation thérapeutique. C'est aussi ce que l'on appelle au sens large le transfert, en ce sens que chaque fois qu'un individu rencontre un autre individu, la relation qui s'établit est le fruit de l'ensemble des relations antérieures analogues, vécues depuis sa conception. Le sens et l'issue que l'individu leur a donnés colorent la relation présente.
 La suggestion, c'est la capacité de faire vivre à un individu des pensées et des sentiments similaires à ceux que nous avons nous-même conçus. G. Batteson dit que l'on ne peut pas ne pas communiquer : rester en silence c'est dire que l'on ne veut rien dire. De la même manière nous pouvons affirmer qu'on ne peut pas ne pas influencer. Dans la relation, il y a inévitablement transfert sous forme d'échange entre les deux tenant du lien. L'intensité et la qualité de ce qui est échangé dépendront du type de relation établie. S. Freud dit que l'hypnose est simplement l'utilisation du transfert.
 Les perceptions et le vécu sensoriel réactivés forment l’approche de base de toutes les thérapies de l’inconscient. La décontamination des perceptions négatives ou aliénantes accumulées dans l'enfance et le passé du patient est un passage obligé avant de les remplacer par des expériences réparatrices qui permettront alors d'associer des affects positifs à ces perceptions. Qui dit perception parle du corps. Ce corps, les approches d'imagerie mentale tenteront de "l'ouvrir" par la relaxation pour qu'il laisse s'épancher l'angoisse : quand cela sera atteint la suggestion réparatrice sera glissée.

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