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Historique de l’hydrothérapie – Nos recherches sur les origines de l’hydrothérapie nous ont conduits jusqu’à l’Antiquité. En effet, c’est à cette période que les hommes ont commencé à prendre conscience des bienfaits de l’eau, notamment au plan thérapeutique. N’oublions pas que sous l’Empire romain les bains communaux étaient très fréquentés. Hippocrate lui-même conseillait l’utilisation de l’eau de mers pour soulager les articulations. Chaque peuple avait ses propres techniques, comme par exemple les slaves coutumiers des bains de vapeur depuis près d’un millénaire, ou les Japonais qui se rendaient aux sources d’eau chaude.
Mais au Moyen-âge, particulièrement en Europe, l’eau douce suscita une grande méfiance car elle était génératrice de maladies. Toutefois, l’eau de mer n’eut de cesse d’être un élément thérapeutique. Le roi Henri III lui-même prenait des bains selon les conseils du chirurgien Ambroise Paré. En 1750, Richard Russel, médecin anglais, en parallèle de son traité qui informe des qualités curatives de l’eau sur le traitement des maladies liées aux glandes, institue les bienfaits des séjours en bord de mer et les vertus de l’iode. Plusieurs personnalités s’essaient à l’hydrothérapie comme Vinzenz Priessnitz (1799-1851) qui transforme sa ferme familiale en centre de soins suite a un coup de sabot reçu sur la poitrine qu’il soulagea avec des compresses d’eau froide. L’abbé Kneipp (1821-1897), précurseur de l’hydrothérapie, selon les oui dires, se serait lui-même guéri de la tuberculose. Il base sa pensée sur les qualités apportées par les plantes médicinales et aromatiques, l’entretien physique, la nutrition et l’eau qu’il utilise sous diverses formules.
Dès les années 1820 la classe bourgeoise va pouvoir profiter à Dieppe de centre de soins d’eau chaude. Le docteur Albert Assegond, en 1825, fait paraître le premier "Manuel des Bains de Mer dédié à la Duchesse de Berry. Puis les villes proches des mers ou océans voient leur fréquentation accroître par la construction de casino, de grands théâtres, ce qui va permettre l’essor de l’utilisation des thermes marins, jusqu'à la deuxième guerre mondiale. Puis la médecine progressant (découvertes de pénicilline et des antibiotiques), alors l’hydrothérapie voit descendre sa cote de popularité. Enfin grâce à l’attention accordée depuis quelques années au bien être, au médecine douce puis grâce a une clientèle qui resta fidèle a ces méthodes thérapeutiques, l’hydrothérapie est non seulement remise à la page mais devient en plus une destination de vacances.
Méthodes de thérapie et détente par l’eau – Le terme de thalassothérapie vient du grec thalasso qui signifie mer. La thalassothérapie se présente donc comme l’emploi thérapeutique de l’eau de mer. Ce terme apparaît en 1865 dans la thèse du docteur Joseph La Bonnardière. Ses qualités relaxantes et tonifiantes, entre autre, sont reconnues depuis l’antiquité et les cures connaissent un réel essor dans les années 80. La thalassothérapie peut être utilisée sous diverses formes : bains ou douches d’eau chaude, bains de boue, d’algues, dès lors qu’il y a intervention d’eau de mer. Les centres proposent des cures prodiguées en accord avec un examen médical traditionnel obligatoire, pour des maux très souvent liés au stress ou bien post-opératoires, suite aux accouchements ou pour aider à arrêter de fumer, quand ce n’est pas pour le seul plaisir. Si avant les années 80 la thalassothérapie se limitait à des séjours en bord de mer agrémentés de bains d’eau chaude ou froide, aujourd’hui, c’est une réelle destination de vacances avec de multiples produits proposés tels que l’utilisation d’huiles essentielles (aromathérapie) ou les massage avec jets d’eau.
Autre thérapie utilisant l’eau, la balnéothérapie, souvent nommée SPA par les anglophones, est aussi ancienne que la thalassothérapie. Les empereurs avaient en effet pour habitude de se faire édifier des bains. Elle s’en distingue toutefois de par le fait qu’elle utilise les seules qualités de l’eau douce. Elle consiste à baigner tout le corps ou certaines parties et propose ses services dans des centres se situant le plus souvent dans les régions montagneuses, les Alpes, les Pyrénées. Bains bouillonnants, relaxation en piscine sont autant de techniques dédiées à la balnéothérapie. Toutefois la grande tendance revient au SPA (Cf. la phrase inscrite sur les murs des thermes romains : solus por aqua). En effet, on appelle SPA, soit de petites piscines à hydrojets, soit des établissements de remise en forme.
Le Thermalisme pour finir, conformément à son sens littéral, est pratiqué dans des centres de santé disposant d’une source naturelle d’eau chaude ou d’un forage. Les eaux thermales possèdent une forte teneur en minéraux spécifiques à la région traversée (calcium, potassium, magnésium ou iode). Le thermalisme est considéré comme une médecine douce. D’ailleurs, les cures thermales sont remboursées par la sécurité sociale si la cure dure au moins 18 jours. Elles sont considérées comme un complément au traitement de la médecine traditionnelle dans le cadre de certaines maladies (asthme, rhumatismes…).
Pratique et champs d’actions – A l’heure où le corps, l’esthétisme et le bien-être connaissent leur apogée, nous comprenons pourquoi les établissements qui proposent la balnéothérapie ou la thalassothérapie se voient de plus en plus fréquentés. En outre, il existe deux catégories d’applications de l’hydrothérapie. Tout d’abord, les applications externes : les bains, les enveloppements chauds ou froids, les frictions, les douches. Et les applications internes comme l’inhalation de vapeur, les lavements, l’irrigation du côlon.
Les applications thérapeutiques de l’eau sont multiples en effet. Elles permettent notamment de dissoudre et éliminer les substances toxiques engrangées par le corps, d’évacuer les peaux mortes et de fortifier l’organisme grâce à des bains chauds aux plantes. L’eau chaude est également efficace pour soulager diverses crampes ou bien les inflammations articulaires grâce à son effet vasodilatateur. A l’inverse l’eau froide est vasoconstrictrice, ce qui génère un effet antalgique notoire comme en cas de crises hémorroïdaires et de contusions.
Au final, la sécurité sociale reconnaît 13 groupes d’affections que les cures thermales peuvent prendre en charge. En voici quelques exemples : la rhumatologie, la gynécologie, les maladies de l’appareil digestif, les troubles psychosomatiques, les problèmes dermatologiques. Les contre-indications d’usage sont les suivantes : les praticiens étalent leurs traitements à l’eau froide sur de courtes de durées pour des raisons thermiques évidentes ; a contrario la chaleur peut provoquer des malaises, des migraines, des varices ; les femmes enceintes ainsi que les personnes souffrant de diabète, d’hypertension ou de maladies cardiaques constituent des populations à risques pour les bains de vapeur ou prolongés.
Comme toutes les médecines douces, rappelons que l’hydrothérapie n’est pas la panacée, qu’elle est complémentaire à tout traitement médical traditionnel et qu’elle ne saurait régler tous nos maux. Elle s’inscrit davantage dans l’axe de la remise en forme, du bien-être et de la détente mentale. Celle-ci ne jouie pas d’une reconnaissance scientifique. Toutefois, il est un fait, au titre d’un récent sondage, que 87 % des Français voient en elle une réelle alternative à certains traitements et que 94% ont trouvé un réel soulagement et un bien-être réel suite à une cure.
Quoiqu’il en soit, prenez soin de choisir des centres tenus par du personnel sérieux et bien formé dans le cas d’une cure médicale. Si vous recherchez simplement la détente et le farniente, nombre d’établissements vous proposeront des services adaptés via des formules allant du massage à la relaxation, en plus de l’hydrothérapie.
La fréquentation des centres d’hydrothérapie, que cela soit sous l’angle de la thalassothérapie ou de la balnéothérapie, ou encore de la cure thermale, connaît un véritable boom dû à leur popularité et à leur démocratisation. En nous tenant aux mots d’Hippocrate, le père de la médecine occidentale, « seule la Nature guérit les malades », nous comprenons que l’usage de l’eau rassure de par son naturel autant qu’il séduit de par sa familiarité. De fait, en dehors des contre-indications évoquées plus haut, l’eau constitue un élément dont on aurait maille à trouver les effets délétères. Sans doute que par-delà ses multiples effets relaxants et soulageant, l’eau nous ramène tout simplement à nos origines aquatiques.